Conférence FIRA 2019

FIRA 2018: découvrez le Forum International de Robotique Agricole

Pourquoi un forum international sur la robotique agricole? Parce que l’agriculture est un secteur dans lequel la robotique se développe particulièrement. C’est ce qu’a d’ailleurs démontré le forum. Il a permis de présenter certains des robots qui se dépensent au service des agriculteurs mais aussi de la nature. En effet, nombre de ces robots permettent de mettre en place une agriculture éco-responsable. Bienvenue au FIRA 2018 où les dernières technologies côtoient un savoir-faire séculaire!

UNE PANOPLIE DE ROBOTS AGRICOLES

Organisé par l’entreprise française Naïo Technologies, spécialisée dans la robotique agricole, le FIRA (Forum International de Robotique Agricole) est un événement de plus en plus incontournable pour les roboticiens. L’édition 2018 s’est déroulée les 11 et 12 décembre à Labège, près de Toulouse. Le forum était hébergé par le centre des congrès Diagora. On y a découvert des robots de plus en plus aboutis, capables d’évoluer en autonomie en pleine nature. Les défis que ces robots doivent relever impliquent des innovations technologiques dans les domaines de la géolocalisation, du traitement de l’information, de la modularité, de l’alimentation en énergie… Du coup, les idées foisonnent et des projets multiples voient le jour. Faisons un rapide tour d’horizon de robots déjà commercialisés et de prototypes prometteurs vus au FIRA 2018.

Le FIRA a encore attiré de nombreux visiteurs cette année
Le FIRA a encore attiré de nombreux visiteurs cette année

LES ROBOTS AGRICOLES FRANÇAIS

Bien sûr, l’entreprise Naïo technologies présentait ses différents robots de désherbage mécanique. Dès le hall d’entrée on pouvait admirer l’impressionnant robot Dino spécialisé dans le désherbage des productions légumières, salades et planches de légumes. Dans la zone d’exposition du hall central, deux stands présentaient respectivement les évolutions du robot Oz et le nouveau robot Ted. Oz, déjà largement utilisé par des maraîchers et des horticulteurs, permet de biner et de désherber des parcelles en toute autonomie et sans utilisation de produits chimiques. Ted est quand à lui dédié à la viticulture rangs larges. C’est un robot enjambeur de désherbage mécanique.

Hormis les créations de Naïo technologies, d’autres robots prometteurs étaient présents. Citons Bakus, le projet de la start-up française Vitibot. Ce robot attire l’attention en raison de ses dimensions (1,65m de haut pour 3,50m de long) et de son design très réussi. Mais Bakus est surtout un concentré de technologies: vision infrarouge 360°, intelligence artificielle, supervision à distance, panneaux photovoltaïques… Ce robot enjambeur prometteur sera dédié à la viticulture pour des travaux du sol et le traitement de la vigne. Autre prototype français, Trooper est développé par la start-up Instar robotics. Pour l’instant, il se pilote à distance mais l’objectif est qu’il devienne un robot autonome de distançage pour les pépiniéristes et les horticulteurs. En d’autres termes, il pourra faire toutes les opérations usuelles de manutention des plantes en pots, jusqu’à 30kg de charge.

Voici une courte vidéo de présentation du fonctionnement de Trooper filmée au FIRA.

LES ROBOTS AGRICOLES ÉTRANGERS

Le FIRA étant un forum international, on pouvait aussi y découvrir des prototypes de l’étranger. L’impressionnant Robotti de l’entreprise danoise Agrointelli intéressera certainement nombre d’agriculteurs. Ce robot de 1,2t peut tracter l’outillage classique utilisé par un petit tracteur. Du coup, il est possible de fixer une multitude d’outils sur Robotti. Grace à la cartographie de son environnement et la détection des obstacles, le robot peut labourer ou ensemencer un champ en toute autonomie. Ce robot mû par un moteur diesel fait 2,50m de long pour 1,80m de haut et a une largeur réglable à 3,80m ou 4,80m. Un projet ambitieux à suivre de près.

L'impressionnant Robotelli de l'entreprise danoise Agrointelli
L’impressionnant Robotelli de l’entreprise danoise Agrointelli

Fabriqué en Espagne, Vinescout a pour but de collecter des données sur l’état hydrique de la vigne et sa vigueur. Le robot est équipé de technologies avancées. Il embarque un radiomètre infrarouge qui mesure la température à la surface des feuilles de vigne. Il possède aussi une caméra multispectrale qui recueille des mesures NDVI. Ces mesures permettent d’évaluer la vigueur des vignes. Le robot peut contrôler l’état d’un vignoble durant 8h d’affilée avant recharge sur un terrain plat. Il peut collecter des informations correspondant à 30ha de vigne en une semaine. Ce projet bien avancé est financé à 85% par l’union européenne.

Vinescout, un projet soutenu par l'union européenne
Vinescout, un projet soutenu par l’union européenne

Autre projet très intéressant, le robot suisse ecorobotix est la première machine entièrement autonome de désherbage. Léger (130kg), ce robot est doté de panneaux photovoltaïques associés à des batteries qui lui fournissent l’énergie dont il a besoin. Ses deux bras robotiques avec pulvérisateurs appliquent une micro-dose d’herbicide sur les adventices détectés. Enfin, citons le projet européen ROMI: RObotics for MIcro farms. L’objectif de ce projet soutenu par l’union européenne est de créer une plateforme polyvalente et abordable.

CONFÉRENCES ET PITCHES

Si le salon fait partie intégrante du FIRA, il n’en est pas le cœur. C’est en allant dans l’amphithéâtre et les salles périphériques que l’on saisi tout l’intérêt de ce forum international. Le FIRA est en effet avant tout un lieu de rencontres et d’échanges entre chercheurs, professionnels de la robotique et agriculteurs. On peut aussi y croiser des journalistes, des sociologues, des étudiants… bref une foule hétérogène mais reliée par l’envie de voir la robotique servir l’agriculture. Ces visiteurs et participants viennent aussi de différentes parties du globe comme l’Australie, l’Asie ou l’Amérique. Mardi 11 décembre, l’amphithéâtre du centre des congrès Diagora était l’épicentre du FIRA.  De nombreux intervenants y ont pris la parole, seuls ou à plusieurs. Différents conférenciers ont ainsi présenté des solutions de robotique existantes et à venir. Des agriculteurs ont parlé de leurs problématiques et des techniques qu’ils ont mis en place.

Mercredi 12 décembre était ponctué par des Pitches. Ces interventions concises (15 minutes) ont permis à des professionnels de présenter leurs solutions techniques. Très pratiques, ces présentations ont facilité les échanges avec des agriculteurs sur leurs problématiques du quotidien. On pouvait aussi planifier durant la journée des rendez-vous d’affaires afin de construire un réseau ou d’élaborer un projet.

QUELQUES INTERVENTIONS CLÉS

Difficile de faire ici une synthèse de tous les sujets abordés, tant le programme était riche. Parmi les interventions remarquées, citons celle du professeur Noboru Noguchi de l’université d’Hokkaïdo. En tant que directeur du laboratoire Robots véhiculés, il a fait le point sur les dernières avancées de son université en matière de tracteurs autonomes. Il a notamment présenté un test validé durant lequel trois tracteurs autonomes ont labouré un champ en se calant sur un tracteur de tête piloté par un humain. Le champ était donc labouré simultanément sur quatre largeurs d’outils! Chacun de ces tracteurs sans pilote embarque un scanner laser à l’avant et à l’arrière ainsi que quatre caméras. Mais une particularité de ces tracteurs autonomes est leur positionnement grâce au satellite japonais Michibiki. Ce système géolocalisation couvrant le Japon et ses alentours permet une précision de l’ordre de la dizaine de centimètres.

La conférence du professeur Noboru Noguchi
La conférence du professeur Noboru Noguchi

La conférence de Thomas Engel, manager de l’innovation stratégique et technologique de l’entreprise John Deere, était aussi très intéressante. Thomas Engel a notamment récapitulé les challenges induits par le développement des véhicules autonomes en agriculture. Il a montré des solutions techniques envisageables pour connecter les tracteurs autonomes au réseau électrique. C’est une des façons dont on peut régler le problème de leur autonomie énergétique. Parmi les nombreux autres sujets abordés durant les conférences et tables rondes, citons aussi la nécessité de réinventer le monde de l’agriculture autour du robot. « L’achat du premier robot révolutionne l’agriculture » dixit Flavien Nicolas, vigneron. Il a ajouté qu’il faut optimiser les déplacements des robots et donc envisager des échanges de parcelles afin de disposer d’ilôts rectangulaires. On retiendra aussi ce constat de Christiane Lambert, présidente de la FNSEA: « les progrès technologiques vont plus vite que les connaissances des agriculteurs et conseillers ».

L'intervention de Thomas Engel de John Deere
L’intervention de Thomas Engel de John Deere

UNE ÉDITION RÉUSSIE

Pour conclure, on peut dire que le FIRA 2018 a été une réussite. Au delà de la fréquentation qui a confirmé l’engouement pour cet événement, ce sont la qualité et la variété des participants qui ont contribué à ce succès. Les séances de questions-réponses avec les assistants ont aussi été fructueuses. Un forum qui est plus que jamais justifié donc. D’autant plus que la robotique n’a pas fini de faire parler d’elle dans le monde de l’agriculture…

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POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE FIRA

Voici le site internet officiel du FIRA: https://www.fira-agtech.com/

Cyril Mottet

©univrobot

Crédits photo: Tien Tran, univrobot

Crédit vidéo: univrobot

Dernière mise à jour: 25 décembre 2018

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